La forêt intercommunale indivise de Morvillars-Méziré

La forêt communale indivise de Morvillars – Méziré, d’une contenance de 130,49 hectares répartis sur 41 parcelles forestières numérotées de 1 à 41 est affectée principalement à la production de bois d’œuvre (feuillu et temporairement résineux) et de bois de chauffage feuillu.

Le bois d’œuvre (grumes) vendu façonné est utilisé par les scieurs locaux. Le bois de chauffage est consommé par les habitants. La pratique de l’affouage est bien ancrée et elle a un impact non négligeable sur la gestion de la forêt. La demande actuelle  est soutenue : environ 400 à 500 stères par an, pour 40 affouagistes en moyenne. Elle devrait encore s’accroitre.

L’objectif de production de bois est prioritaire, associé aux objectifs de protection (environnementale et paysagère) et d’accueil du public.

Pour les communes, il y a obligation, par la loi, pour les forêts publiques de disposer d’un aménagement (qui correspond à un plan de gestion). La durée de l’aménagement proposé est de 20 ans de 2014 à 2033. Le précédent plan d’aménagement de la forêt communale indivise de Morvillars – Méziré portait sur les 22 années allant de 1991 à 2012.

 

REPARTITION DES ESSENCES (2013)

Essence

Surface en ha

Surface en %

Chêne sessile

35,09

27

Chêne pédonculé

17,19

13

Hêtre

54,89

43

Feuillus précieux

7,31

6

Autres feuillus

11,61

9

Résineux (épicéas, sapins)

2,56

2

Surface totale boisée

128,65

100

 

La forêt est située :

  • sur la commune de Morvillars pour les cantons « la Voivre » et « Long Bois » pour 126,47 ha
  • sur la commune de Méziré pour les cantons « La Résille, « Eche » et « Dessous la Grosse Ragie » pour 4,01 ha

Le massif principal la Voivre s’appuie à l’Est sur la forêt communale de Grandvillars, au sud et à l’Ouest sur des forêts particulières (famille Viellard).

La forêt est globalement (très) bien desservie. Une amélioration est souhaitable pour deux parcelles avec création d’un accès pour les grumiers. Les limites sont bien matérialisées sur le terrain par des bornes.

Les altitudes varient de 340 m à 400 m. La plus grande partie est à 385 m en moyenne.

Le climat est de type semi continental de l’Est de la France avec :

  • une pluviosité moyenne annuelle de 1100 mm
  • une température moyenne annuelle de 9°C
  • des vents dominants : vent du nord-est froid et sec  ou vent d’ouest humide

La faune sauvage

  • chevreuil, sanglier, lièvre, faisan (grâce aux lâchers réalisés par les associations de chasse), migrateurs (bécasses et pigeons en petites quantités)
  • espèces non chassables : pic noir, pic vert, pic épeiche, buse variable, petits passereaux, écureuil, petits carnassier (martre, fouine, belette) et petits rongeurs.

La chasse est réservée aux A.C.C.A de Morvillars et de Méziré avec chasse en battue pour le chevreuil et le sanglier et chasse devant soi pour le petit gibier.

La forêt est relativement peu fréquentée par le public, sauf à la période de récoltes des baies (framboises, mures) et des champignons et épisodiquement par des cavaliers. La nouvelle parcelle 41 (la Grosse Ragie de 1,20 ha) est, quant à elle, plus fréquentée car la commune de Méziré y a installé un sentier pédagogique en 2013. Quatre parcelles sont concernées par une activité « tir à l’arc »

Les dégâts que subit parfois la forêt

  • En matière d’incendie, la période la plus critique se situe en mars et avril. Les plantations après coupe rase sont tapissées d’herbe sèche (carex) et généralement le vent du Nord, sec et froid, est un facteur aggravant. En 1887, un incendie a ravagé quatre parcelles du canton La Voivre.

 

  • Avec l’offensive alliée de 1944 pour la Libération de Morvillars et de Méziré, de nombreux bois ont été mitraillés en particulier dans les cantons Long Bois et Grosse Ragie. Quelques arbres mitraillés subsistent.

 

  • La tempête du 26 décembre 1999 a occasionné des dégâts diffus équivalant à environ une fois et demie la récolte moyenne annuelle.

 

  • La canicule de 2003 et les périodes de sécheresse des deux années suivantes n’ont entrainé que de rares dépérissements de feuillus adultes ou murs, notamment de hêtres.

Bilan de la gestion passée (période de 1991 à 2012 soit 22 années)

L’objectif de surface à régénérer était de 32,41 hectares répartis sur 12 parcelles (ou parties de parcelles). Il a été atteint à 87%.

La prévision des volumes de bois récoltés était de 670 m3 par an. La récolte effective a été de 772 m3 par an soit +15% par rapport à la prévision.

Le bilan financier, pour les 10 dernières années (2003 à 2012 inclus) est de + 4829€ par an soit +36 € à l’hectare et par an (hors subventions). Pour les 5 derniers exercices (2008 à 2012 inclus), le bilan est encore meilleur avec + 7909€  par an soit +59€  à l’hectare et par an (hors subventions). 

 

Les essences principales retenues (objectif du plan d’aménagement)

 

 

Essence principale

 

% de la surface

 

Essences d’accompagnement

 

Diamètre d’exploitabilité

 

Age d’exploitabilité

 

Chêne sessile

 

86%

 

Hêtre, chêne pédonculé, feuillus précieux…

 

65 cm

 

140 ans

 

Chêne pédonculé

+ aulne

10%

 

Aulne, frêne…

 

65 cm

 

110 ans

 

Hêtre

4%

Chêne sessile, feuillus précieux

65 cm

110 ans

 

A noter : un chêne remarquable était situé sur la parcelle 1. Situé dans la forêt intercommunale Morvillars-Méziré, le plus gros chêne du Territoire de Belfort est tombé le samedi 15 décembre 2012 devant quatre-vingts grands témoins de l’événement. Ce chêne pédonculé avait des mensurations impressionnantes : longueur de 9,40m, volume de 10,50 m3, 1,50 mètre de diamètre à 80 centimètres du sol, 4,67 mètres de circonférence. Depuis 300 ans, il s’imposait dans un secteur de bas-fonds, très humide, à proximité des étangs. Pour information, ce vieux chêne tricentenaire abattu dans la forêt de Morvillars-Méziré a été acheté par une tonnellerie des Hautes Alpes : un destin très honorable pour cet aïeul… Deux chênes de diamètre supérieur à un mètre, mais en très bon état sanitaire, vivent en parcelles 1 et 14 : ils seront maintenus sur pied tant qu’ils ne présenteront pas de signes de dépérissement.