Louis Alfred Follot (1866-1924), receveur des Postes à Morvillars pendant la guerre 1914-1918

Louis Alfred Follot

Né en 1866, à Pérouse (Haut Rhin) dans la famille des Louis FOLLOT, il est militaire au 78ème Régiment d’Infanterie de ligne.

Prenant sa retraite de militaire, il est nommé receveur des Postes à Réchésy dans le Territoire de Belfort.

Le 1er juin 1906, il est nommé Receveur des Postes au Bureau de Morvillars, Territoire de Belfort

Il y restera jusqu'au 22 janvier 1919. Il passe ainsi toute la durée de la Grande Guerre, comme receveur des Postes du bureau de Morvillars.

Il est ensuite nommé à Saint Laurent-d’Aigouze dans le Gard.

Il décédera en 1924, à l’issue d’une longue maladie.

Louis Alfred Follot tenait un cahier journalier des événements de la période comprise entre le jeudi 30 juillet 1914 et le samedi 8 août 1914.

On y retrouve tous les mouvements de troupes sur Morvillars mais aussi la mort d'un caporal, instituteur d'Etupes, qui n'est autre que le Caporal Peugeot.

Voir la transcription faite par son petit-fils Pierre-Louis Follot. (Page ci-dessous)

Transcription du document manuscrit écrit par Louis Alfred FOLLOT -receveur des Postes de MORVILLARS- entre le jeudi 30 juillet 1914 et le samedi 8 août 1914

Jeudi 30 juillet. Arrivée à Morvillars du 11ème Dragons de Belfort. Dans la nuit du 31 juillet au 1er Août appel des réservistes. Arrivée du 16ème Dragons le 1er août.

Samedi 1er août. Arrivée de troupes.

Dimanche 2 août. Escarmouche près de la frontière, entre patrouilles françaises et patrouilles allemandes sur terrain français. Les allemands (Chasseurs à cheval) ont leur officier tué plus 2 prisonniers ramenés à Morvillars (Quartier Général). De notre côté 1 caporal tué (Instituteur d’Etupes) plus un douanier blessé dans un bras (1). A Grandvillars de nombreux espions arrêtés. Plusieurs étaient en train de couper des fils militaires. Arrivée à Morvillars du 26ème Dragons, 17ème Chasseurs à cheval, 21ème Chasseurs cyclistes, 1er régiment de hussards. Allemands pénètrent à Lécarce et s’emparent de 50 voitures et chevaux plus 10 hommes.

Lundi 3 août. Le 44ème d’artillerie (un détachement) s’empare de 40 soldats allemands, soldats et officiers.

Mardi 4 août. Combat entre patrouilles françaises et allemandes entre Réchésy et Courtelevant. Nous faisons 2 prisonniers avec armes. 3 tués du côté ennemi.

Mercredi 5 août.  Dans la matinée du mercredi 5 août, 2 escadrons du 14ème chasseur s’avancent jusqu’à Dannemarie sans rencontrer de troupes ennemies. Combat, un officier tué plus 5 soldats allemands. Dans les Vosges les Français s’emparent du Col de Munster, 40 tués de notre côté. 10 Alsaciens fusillés à Mulhouse. Nos troupes pénètrent à Altkirch. Près de la frontière une compagnie de chasseurs détruit une compagnie de  uhlans sauf deux qui parviennent à s’échapper. Nous avons deux dragons qui se noient. Escarmouches. Sanglants combats près de Phautraüsen entre infanterie allemande et le 11ème dragons. Emile Toune de Réchésy, blessé à la cuisse est achevé à coups de crosse. (Emile + leurs blessés).

Jeudi 6 août. Près d’Altkirch un dragon démonté se cache sous un pont et fusille 4 uhlans qui le poursuivaient plus un autre qu’il tue avec sa lance, puis revient à pied jusqu’en France. Le lieutenant ainsi que tous ses hommes réussissent à se dégager (Guet-Apens). Jeunes allemands achèvent 2 soldats français blessés à coups de couteaux.

Vendredi 7 août. Combats entre Dornach et Altkirch. Les Allemands forts d’une brigade d’infanterie sont refoulés et se replient derrière de l’artillerie qui cause à nos troupes de nombreuses pertes. (Pertes sérieuses des 2 côtés). A Phautraüsen les Allemands cachés dans des maisons tirent avec des mitrailleuses sur nos troupes. Nombreux blessés ramenés à Morvillars. Colonel du 11ème Dragons grièvement blessé avec bombes lancées par jeunes Allemands. Les Allemands ont complètement trompés les Alsaciens et leur font croire que la guerre a été déclarée par la France.

Samedi 8 août. Altkirch pris à la baïonnette. Entrée triomphante des Français à Mulhouse.

(1) : Ce sont les deux premiers morts de la guerre, avant que celle-ci ne soit déclarée. Du côté français il s’agit du Caporal Jules-André PEUGEOT, instituteur, originaire d’Étupes ; du côté Allemand, du Sous-lieutenant Albert MAYER.